‪Avec la VAE…il n’y a pas d’âge pour terminer ses études.

‪Avec la VAE…il n’y a pas d’âge pour terminer ses études.

Stéphanie Guzman | 04/05/2016

Interview de Djamel Labadlia, 42 ans, bientôt diplômé d’un MASTER 2 en droit.

Pouvez-vous nous résumer votre parcours professionnel ?

Je suis titulaire d’un bac STT option action et communication commerciale et d’une licence de droit généraliste (droit public et droit privé), obtenue à l’université de Dijon en 1999.

‪A l’époque, j’avais pour projet de poursuivre vers un Master 2 de droit public, en vue d’être juge administratif, mais des raisons personnelles ont fait que je n’ai pas pu poursuivre mes études. Après ma licence, je suis donc rentré directement sur le marché du travail et j’ai occupé différents postes en lien avec les droits fondamentaux, le droit des étrangers, et plus généralement l’accès au droit qui est un sujet qui me passionne.

J’ai ainsi travaillé pour l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA), où j’ai instruit des demandes d’asile et j’ai été juriste en droit des étrangers pour une association. J’assure depuis 2015 des permanences juridiques généralistes dans une commune de la région parisienne tout en menant mon projet de VAE.

Pourquoi avoir choisi d'effectuer une VAE ?

En France, le niveau bac+5 est devenu un minimum. C’est tout  particulièrement vrai dans le domaine du droit.  C’est pour cette raison que j’ai fait le choix de m’engager dans la démarche et d’obtenir un Master 2 via la VAE.

Comment s’est déroulé votre VAE ?

J’ai débuté ma réflexion sur le Master 2 et la VAE en 2013. Je travaillais alors pour une association qui était en situation de redressement judiciaire ce qui m’a poussé à m’interroger sur la suite que je souhaitais donner à ma carrière tout en sachant que je ne pouvais pas me permettre de reprendre mes études.

‪J’ai commencé mon dossier de VAE en février 2015 avec l’aide du service VAE de l’université de Dijon.

‪J’ai dû constitué un dossier démontrant que mes 14 années d’expérience m’avaient permis d’avoir les connaissances et compétences demandées à un étudiant de fin de Master 2 (Master recherche droit public et privé mention protection des droits fondamentaux.)

En mai 2015, j ai soutenu mon dossier auprès d’un jury composé du directeur du Master, d’un enseignant chercheur, d’un avocat, et l’accompagnatrice VAE.

‪Le jury m’a indiqué que je n’avais aucune matière à passer mais que je devais rédiger un mémoire. Le nom de ma guidante en mémoire, une enseignante chercheur, m’a alors été indiqué. Depuis juin 2015, je travaille sur mon sujet de mémoire  " les juges de la rétention administrative".

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées ?

Les principales difficultés que j’ai rencontré sont liées à la nécessité de concilier rédaction du mémoire et activité professionnelle. J’ai eu quelques soucis au démarrage avec la méthodologie à utiliser pour le mémoire. Je n’ai eu pour le moment qu’un seul déplacement à faire à Dijon, pour soutenir mon dossier de VAE auprès du jury.

Quant à mon mémoire, tout ce fait par mail ou par téléphone et je n’ai pas encore eu l’occasion de rencontrer ma guidante en mémoire. C’est l’une des autres petites difficultés. Tant l’enseignante, que moi-même, devons en outre nous adapter à nos disponibilités respectives. J’ai la chance d’être suivi par une enseignante qui prend son travail très à cœur.

Avez-vous bénéficié d'aides et ou d'accompagnement ?

J’ai tout d’abord été soutenue par le service VAE de l’université de Dijon qui m’a vraiment aidé à monter mon dossier. J’ai présenté deux activités (officier de protection, et juriste en droit des étrangers).

Le coût de la VAE s’est élevé à 1200 euros comprenant les frais de scolarité et l’accompagnement. Entre temps, l’association qui m’employait, avait déposé le bilan et  j’ai donc bénéficié d’une aide de Pôle emploi. J’ai obtenu cette aide seulement à posteriori après avoir engagé les frais, soutenu devant le jury, et fait un recours pour la prise en charge.

Aujourd’hui, je bénéficie d’une aide indéniable de ma guidante en mémoire.

‪Elle me laisse une certaine liberté, tout en me faisant des retours critiques avec des orientations quant à ses attentes et à la méthodologie à utiliser.

Le Master 2 est donc pour bientôt ?

Un délai m’a été accordé jusqu’en septembre 2016 pour la soutenance du mémoire. Mais j’espère pouvoir le rendre avant.

Pour la remise du diplôme, je pense qu’il n’y aura pas de protocole particulier. J’aurai la réponse dès la soutenance devant le jury, jury qui sera composé de ma guidante, spécialisée en droit international privé et droit des étrangers, et du responsable du master qui lui, est spécialisé en contentieux administratif.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui voudrait se lancer dans une VAE ?

La démarche VAE est une démarche très personnelle. Il faut faire un véritable travail d’introspection sur son parcours professionnel : son parcours,  ses envies, ses attentes.

‪Il faut bien réfléchir au choix du Master. Celui-ci doit correspondre à ses connaissances et compétences : ne pas viser trop haut ou trop bas.

Par ailleurs,  comme pour tout travail de recherche, il est préférable de travailler régulièrement afin de ne pas se laisser submerger. Pour cela, il est indispensable de se fixer des dates limites pour rendre telle ou telle autre partie.

Enfin, s’agissant de l‘aide au financement, celle-ci n’est pas automatique. Il faut bien verrouiller son dossier au préalable.

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